Imaginez la scène. Vous sortez du centre d’examen après deux heures de test, et vous êtes incapable de dire si vous avez fait 620 ou 780. Vous aviez révisé, pourtant. La vraie question, c’est de savoir si ces heures ont été posées au bon endroit.
La réponse courte : cinq leviers font l’essentiel du travail. Étaler vos révisions sur plusieurs semaines. Vous entraîner en répondant à des questions plutôt qu’en relisant des fiches. Élargir votre vocabulaire, surtout pour le Reading. Apprivoiser le chronomètre. Et prévoir assez d’heures : l’ETS indique qu’il en faut au moins 100 avant qu’un score bouge réellement.
Ce qu’il faut retenir en 60 secondes
| Levier | Ce que ça change | Effort |
|---|---|---|
| Étaler les sessions | Rétention nettement supérieure au bachotage, surtout à distance de la session (Kim & Webb, 2022) | Faible, c'est de l'organisation |
| S'entraîner par QCM | Effet supérieur à la relecture, et encore plus marqué sur les questions à choix multiples (Adesope et al., 2017) | Faible |
| Travailler le vocabulaire | Corrélation forte avec le Reading, beaucoup plus faible avec le Listening (Kanzaki, 2010) | Élevé, c'est le poste le plus lent |
| Gérer le chrono | 100 questions de Reading en 75 minutes, soit 45 secondes par question | Moyen |
| Répondre à tout | Aucune case vide, aucune question laissée de côté | Nul |
Combien d’heures pour gagner 100 points ?
TL;DR : comptez 100 heures minimum pour voir un mouvement, et bien davantage si vous partez déjà d’un bon niveau.
C’est le chiffre le plus utile de cet article, et le moins agréable à entendre. Dans son TOEIC User Guide (1999), l’ETS indique qu’environ 100 heures de formation linguistique sont généralement nécessaires avant qu’un candidat démontre une progression réelle de son score.
L’étude de référence sur le sujet va dans le même sens. Saegusa (1985) a suivi des apprenants engagés dans des parcours de plus de 200 heures : le gain moyen observé était de 110 points.
Deux conséquences pratiques.
Un. Trois soirées de révision la semaine précédant l’examen ne déplaceront pas votre score. Elles vous éviteront la surprise du format, ce qui est déjà utile, mais c’est un autre objectif.
Deux. Plus votre niveau de départ est élevé, plus la marche est haute. Passer de 400 à 500 demande moins d’heures que de passer de 750 à 850. Calibrez votre objectif en fonction du temps dont vous disposez réellement, pas de celui que vous aimeriez avoir.
Levier 1 : arrêtez le bachotage, étalez vos sessions
TL;DR : trois séances de 40 minutes réparties sur une semaine valent mieux qu’une séance de deux heures.
C’est l’un des résultats les plus solides de la psychologie de l’apprentissage. Cepeda et ses collègues (2006, Psychological Bulletin) ont analysé 839 mesures issues de 317 expériences : réviser en plusieurs fois donne de meilleurs résultats que tout avaler d’un coup.
Le résultat tient aussi en langue étrangère. Kim et Webb (2022, Language Learning) ont agrégé 98 tailles d’effet issues de 48 expériences, sur 3 411 apprenants. Leur conclusion : espacer marche mieux. Et l’écart se creuse quand le test arrive longtemps après les révisions.
Or votre examen est justement éloigné de vos révisions. C’est exactement la situation où l’espacement paye le plus.
Comment le mettre en pratique
- Bloquez 3 à 4 créneaux de 30 à 45 minutes par semaine, à jour fixe.
- Revenez sur une notion travaillée la semaine précédente au début de chaque séance.
- Évitez la session marathon du dimanche soir. Elle vous fatigue et vous retient peu.
Un point à connaître : le bon écart entre deux séances dépend de la date du test. Plus l’examen est loin, plus vous pouvez espacer. Pour un TOEIC dans trois mois, un rythme hebdomadaire fonctionne bien.
Levier 2 : répondez à des questions, ne relisez pas vos fiches
TL;DR : se tester est plus efficace que relire, et le format QCM du TOEIC est précisément celui où l’effet est le plus fort.
Relire une fiche donne une sensation agréable de maîtrise. Cette sensation est trompeuse.
Adesope, Trevisan et Sundararajan (2017, Review of Educational Research) ont synthétisé 272 tailles d’effet issues de 188 expériences. Répondre à des questions bat la relecture, avec un écart mesuré de +0,51. Face à des candidats qui ne font rien du tout, l’écart monte à +0,93.
Comment lire ces nombres : les chercheurs mesurent l’écart entre deux méthodes sur une échelle où 0 veut dire « aucune différence ». Au-delà de 0,50, l’écart est considéré comme important.
Le détail qui compte pour vous : l’effet est plus fort quand on s’entraîne sur des questions à choix multiples (+0,70) que sur des questions à réponse libre (+0,48).
Le TOEIC Listening and Reading est un QCM de 200 questions. Vous êtes dans le cas de figure le plus favorable.
Comment le mettre en pratique
- Commencez chaque séance par 10 questions, avant toute révision de règle.
- Lisez la correction de chaque erreur, y compris quand vous avez trouvé la bonne réponse par élimination.
- Gardez les fiches pour l’après, quand vous savez précisément ce qui vous a manqué.
Levier 3 : le vocabulaire décide de votre Reading, beaucoup moins de votre Listening
TL;DR : le vocabulaire est le premier levier sur la partie écrite, un levier secondaire à l’oral.
Voilà un résultat qui change la façon de répartir son temps.
Kanzaki (2010, actes JALT2009) a comparé les résultats de 31 apprenants à un test de vocabulaire et à un TOEIC blanc. Le lien entre les deux scores vaut 0,76 pour la section Reading. Pour la section Listening, il tombe à 0,39.
Ce nombre va de 0 à 1. Plus il est proche de 1, plus les deux choses avancent ensemble.
En clair : apprendre des mots fait monter votre note de lecture, presque directement. À l’oral, ça aide moins. D’autres choses pèsent davantage, comme la vitesse à laquelle vous comprenez et l’habitude des accents.
Combien de mots faut-il ?
Chujo et Oghigian (2009) estiment qu’environ 3 000 familles de mots suffisent à couvrir 95 % des mots du TOEIC. Une famille de mots, c’est un mot et tout ce qui en dérive : manage, manager, management, managed. Vous en apprenez un, vous en gagnez quatre.
Pour monter à 98 %, Kaneko (2017, JACET Journal n°61) calcule qu’il faut 1 000 familles de plus pour le Listening, et 2 000 à 3 000 de plus pour le Reading.
Pourquoi 98 % ? C’est le seuil à partir duquel on comprend un texte tout seul, sans dictionnaire.
Comment le mettre en pratique
- Ciblez le vocabulaire professionnel : réunions, e-mails, plannings, factures, ressources humaines. Le TOEIC ne sort pas de ce périmètre.
- Travaillez par listes courtes et revues régulièrement, ce qui rejoint le levier 1.
- Notez chaque mot inconnu croisé dans un exercice. Ce sont ceux-là qui reviendront.
Levier 4 : le Reading est autant une épreuve de vitesse qu’une épreuve d’anglais
TL;DR : 45 secondes par question. On perd souvent des points sur des questions qu’on aurait su traiter.
Les chiffres officiels sont sans ambiguïté. La section Listening dure 45 minutes pour 100 questions. La section Reading dure 75 minutes pour 100 questions.
Faites la division. Cela laisse 45 secondes par question en Reading, lecture des textes comprise.
La partie 7 est celle qui piège le plus. Elle comporte un premier bloc de textes avec 29 questions, puis un second bloc de 2 à 3 textes avec 25 questions. Si vous arrivez à la partie 7 avec seulement 20 minutes devant vous, vous laissez des points derrière vous.
Comment le mettre en pratique
- Faites au moins trois examens blancs chronométrés en conditions réelles, sans pause et sans dictionnaire.
- Fixez-vous un budget temps par partie et vérifiez l’heure à deux points de contrôle.
- Sur la partie 5, ne dépassez pas 20 secondes par phrase à trou. Si la réponse ne vient pas, cochez et avancez.
Levier 5 : ne laissez aucune case vide
TL;DR : une réponse au hasard vaut mieux qu’une case vide.
Le TOEIC ne retire pas de points quand vous vous trompez. Votre score dépend uniquement du nombre de bonnes réponses parmi les 200 questions.
Une question laissée blanche vous rapporte zéro. Une réponse cochée au hasard sur quatre propositions vous donne une chance sur quatre.
Prévoyez donc 60 secondes en fin de Reading pour remplir tout ce qui reste. C’est le seul levier de cet article qui demande zéro heure de préparation.
| Temps disponible | Objectif réaliste | Priorité n°1 | Priorité n°2 |
|---|---|---|---|
| 2 semaines | Sécuriser votre niveau actuel | Format et chrono | Examens blancs |
| 2 mois | Progression modérée | Vocabulaire professionnel | Entraînement par QCM, 3 fois par semaine |
| 4 à 6 mois | 100 points et plus | Sessions espacées régulières | Vocabulaire, puis travail ciblé des parties faibles |
Comprendre votre score avant de viser plus haut
Le TOEIC Listening and Reading est noté de 10 à 990 points, avec 5 à 495 points par section, selon l’ETS. Ce score est ensuite traduit en niveau européen, de A1 (débutant) à C1 (avancé). Le score reste valable deux ans.
| Établissement ou usage | Score demandé |
|---|---|
| HEC, ESSEC, EM Lyon | 850 |
| EDHEC, ESCP | 815 |
| SKEMA | 810 |
| Toulouse BS | 720 |
| Validation d'un diplôme d'ingénieur (recommandation CTI, niveau B2) | 785 |
Choisissez votre cible en premier. Le plan de révision se construit ensuite, autour d’elle.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour gagner 100 points au TOEIC ?
L’ETS indique qu’au moins 100 heures de formation sont généralement nécessaires avant qu’un score progresse réellement. L’étude de Saegusa (1985) rapporte un gain moyen de 110 points pour des parcours dépassant 200 heures. Comptez plus si votre niveau de départ est déjà élevé.
Peut-on progresser au TOEIC en un mois ?
Vous pouvez gagner en aisance sur le format, la gestion du temps et la méthode, ce qui limite les points perdus bêtement. Un gain de score significatif demande un volume d’heures supérieur à ce qu’un mois laisse disponible dans un emploi du temps chargé.
Est-ce que les mauvaises réponses font perdre des points au TOEIC ?
Non. Le score dépend du nombre de bonnes réponses. Répondez à toutes les questions, y compris celles que vous n’avez pas eu le temps de lire.
Faut-il réviser le vocabulaire ou la grammaire en priorité ?
Le vocabulaire, si votre point faible est le Reading. Kanzaki (2010) mesure une corrélation de 0,76 entre taille du vocabulaire et score en compréhension écrite, contre 0,39 en compréhension orale. Pour progresser à l’oral, l’écoute régulière et l’entraînement chronométré pèsent davantage.
Combien de fois peut-on passer le TOEIC ?
Autant de fois que vous le voulez. Chaque session est payante. Autant viser juste dès le premier passage.
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Le parcours reprend les leviers décrits plus haut :
- Examens blancs chronométrés pour travailler dans les conditions du jour J.
- Exercices corrigés avec des corrections détaillées, pour transformer chaque erreur en apprentissage.
- Parcours adapté à votre objectif de score et à votre date de passage, ce qui permet d’étaler les sessions au lieu de tout concentrer à la fin.
- Fiches de révision en grammaire, vocabulaire et expression.
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Sources citées
- ETS Global, Comprendre les scores TOEIC
- TOEIC Service International, TOEIC User Guide (1999), cité dans Oxford University Press, A Teacher’s Guide to the TOEIC Listening and Reading Test
- Saegusa, Y. (1985), Prediction of English Proficiency Progress, cité dans le guide Oxford University Press ci-dessus
- Cepeda, N. J., Pashler, H., Vul, E., Wixted, J. T. & Rohrer, D. (2006), Distributed Practice in Verbal Recall Tasks: A Review and Quantitative Synthesis, Psychological Bulletin, 132(3), 354-380
- Kim, S. K. & Webb, S. (2022), The Effects of Spaced Practice on Second Language Learning: A Meta-Analysis, Language Learning, 72(1), 269-319
- Adesope, O. O., Trevisan, D. A. & Sundararajan, N. (2017), Rethinking the Use of Tests: A Meta-Analysis of Practice Testing, Review of Educational Research, 87(3), 659-701
- Kanzaki, M. (2010), Vocabulary Size, TOEIC Scores, and Testwiseness, JALT2009 Conference Proceedings
- Kaneko, M. (2017), Vocabulary Size Targets for the TOEIC Test, JACET Journal, 61, 57-67
- GlobalExam, Préparation au TOEIC
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